DicOdOcuS

Par Pffftt... :: 01/05/2008 à 10:33 :: O tAf AveC oU SaNs Ce GrOs PoRc De GaChOT

15h45.

Je suis « d'accueil », bientôt l'heure du goûter, y a pas grand monde.
Mais au fait, qu’est-ce que je fous ici à surveiller des marmots en attente de leur prise en charge, je suis devenue la secrétaire ?

J’étais pas une assistante pour le social moi avant ?

J’veux dire avant cette enflure de Gachot…
Parce que ce matin, il a fait irruption dans mon bureau :
- Qu'est-ce que Frankie (= un ado qui fait chier son monde parce que sans doute on l’a un peu trop cassé lorsqu’il était un petit innocent de moineau tombé du nid) fout encore à traîner en liberté ???
- Il traîne pas, il est à la bibliothèque.
- C’est bien c'que je dis ! Il glande.
- Non, il lit.
- Ecoutez ça Pffftt... : Puisque vous n'êtes pas foutue de trouver un stage à ce branleur, je vous colle à l'accueil tout l'a-m! Vous remplacerez Josie...
- Pourquoi ?
- Parce que ça tombe sur vous c’est comme ça !!!
- Je suis pas secrétaire moi...
- Ben vous ferez semblant, tout le monde s'en fou !!
Heureusement que j'avais bouffé du Arnaud Desjardin toute la nuit, il me semblait être sur le chemin de la sagesse, m'enfin...j’ai pas gueulé ni rien, j’ai juste dis : OK.
Josie elle s'est cassée le poignet en randonnée...fallait le faire ouais !
Frankie est passé me faire un signe avant de partir :
- J’ai fini de classer...
- Cool merci !
- Dites ?
- Hum...
- Vous allez m'le trouver ce stage ?
- On me paie pour ça Franckie...
- On vous paie bien au moins ?
- Bien sûr que nan...
- ...
- Je vais trouver ok ?
- Ouais. Euh dites ? Le dico que je vous avais échangé l’autre jour, je peux le récupérer ?
- Bof, tu me donnes quoi en échange ???
Il a fait un sourire de crâneur, et sur mon bureau il a déposé un poche tout corné.
Je lui ai tendu son Larousse 100ème édition 2005. Les boules, je l'aurai bien gardé.
Il est parti sans faire de bruit, ces enfants là sont de faux bruyants...
J’ai pris mon téléphone et j’ai choppé le prof de percussion de mon amoureux de mari. Il s’appelle Max et il gère un lieu de vie au milieu des chèvres et des pommiers...C’est comme ça dans le rural, un donné pour un rendu, et Max avait une dette…
- Salut Max! Dis t'as pas une place en ce moment ?
- Pour qui?
- Un môme qui fait du troc...
- Si je lui apprends les chèvres et le rythme, il m'apprend quoi lui en échange???
- Une belle surprise tu verras...
- Bon, tu me l'emmènes jeudi matin et on voit si ça colle.
- Cool ! T’es mon pote toi !
- Nan, nan, j'suis le pote à ton keum...
- C’est pareil va !
- Et vos gosses ça va ?
- Toujours nos gosses.
- Ben cool alors !
- Ben ouais.
- Et les chèvres ???
- Toujours à faire du lait.
(blabalblablablablablablablablablablabla......Je préfère vous passer les détails, c’est surtout que j’ai pas trop le temps, et que Max c’est comme moi, un genre de bavard qui ne sait pas résumer).

Donc on termine la conversation :
- à +
- ciao !
Je raccroche.
Le poche de Frankie est sous mon nez.
Un truc écrit par un mec qui s'appelle Bégaudeau, le titre : "Entre les murs".
Derrière c’est marqué : Prix France Culture-Télérama 2006.
Ouah ! Il lit de ces trucs mon Frankie !!!

16h27.
Il n'y a plus de môme à l'accueil, une maman s'absorbe dans Femme actuelle, le téléphone ne sonne pas...J’ai trouvé un stage pour Frankie...Il me reste environ 150 rapports à rédiger, plusieurs demande d'AES à remplir, peut-être 54 coups de fil à passer...Je suis coincée jusqu'à 18h...nan nan 19h01.

Ça me laisse environ 2h30 devant moi et plusieurs possibilités…


Est-ce que je bosse? Est-ce que je lis ?
Café ???
Café serré ????
Point de répit quand on rêve de savoir bien écrire...point de répit ! Point de répit !!!
Encore et toujours, on grave, on se remplit, on grave, on se remplit...Point de répit !

 

Ça commence comme ça :

 

« Le jour venu, débouchant du métro, je me suis arrêté à la brasserie pour ne pas être en avance. Au comptoir en cuivre, le serveur en livrée n’écoutait que d’une oreille un quadragénaire dont les yeux à lunettes glissaient en Z sur un article.

_ Quinze mille vieux en moins, place aux jeunes.

Les deux cent cinquante mètres restants prendraient deux minutes, j’ai attendu neuf heures moins une pour repartir. A hauteur du boucher chinois, j’ai ralenti le pas pour ne pas rejoindre Bastien et Luc dont les mains se serraient au bout de la rue. Après l’angle, je n’ai pu les éviter qui plaisantaient avec un surveillant devant la grande porte aux battants en bois massif ouverts sur le hall.

_ J’avais le vague espoir que tout ait brûlé.

_ Il est pas trop tard pour poser une bombe, tu me diras.

J’ai laissé les ricanements derrière moi. »
 
C'est un incipit comme j'aime, parce qu'on ira plus loins, et plus loins encore...

 

J'ai 29, bientôt 30.

J'ai rendu son dico à Frankie donc je n'en n'ai plus.

Si je m'en rachète un d'occaz, quisas, Pffftt...fait juste un tout petit peu moins souvent de fôte d'ortografe!


Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://pfffttsedegonfle.zeblog.com/trackback.php?e_id=316923

Commentaires

Le 02/05/2008 à 18:46, par Daniel Fattore
Aha, alors comme ça on liquide les dictionnaires...! Le mode d'emploi du roadster! ;-)
Le 02/05/2008 à 19:34, par Pffftt...
Les temps sont durs...y a plus de quoi payer le carburant du roadster on diré ! Pleurons dans les chaumières...chaumons dans les pleurotes...oh et puis zut!
Le 02/05/2008 à 21:32, par Daniel Fattore
... chômons dans les gargotes?
Le 03/05/2008 à 14:42, par Pffftt...
Pas si loin...pas mal du tout même j'diré! Merci de votre fidélité cher Daniel et vive les expressions toutes déjà faites, je kiffe !
Le 08/05/2008 à 9:27, par Daniel Fattore
Merci à vous de vos visites chez moi, et de vos commentaires réguliers et fidèles.

J'ai à nouveau balancé un truc sur les dicos - si cela vous branche... c'est ici:

http://fattorius.over-blog.com/article-19374395.html
Le 08/05/2008 à 11:32, par Pffftt...
Mais 2 rien, pour les dico je vais aller voir ça...

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.