1 bLOg pOuR déGonfLer...
OuAich !!!
Donc là, on est dans "LeS mOTs A NoUs".
Le thème c'est l'écriture.
Si ça vous tente on se jette à l'encre, sinan vous pouvez toujours continuer de lire, c'est bien aussi...
" Le bar de Jeannot sur la grande place.
Hier.
La table derrière le billard, contre la vitre crasseuse et ensoleillée.
Se faisait tard, il était venu la retrouver, ils buvaient un demi.
Sans la clope.
2008.
Année despotique.
- Mais quel genre d'écrivain ?
- Le genre qui s'est ignoré pendant des années...
- Et ça fait mal ?
- Hum.
- Beaucoup?
- Bof.
- Ouais mais après ?
- Je sais pas. En fait écrire, c'est comme ça depuis toujours...les rédacs à l'école, des morceaux de phrases sur des bouts de papier, des tags au feutre noir sur les murs des WC, des gravures sur les bancs du parc, des listes de courses, des cartes postales jamais envoyées...
- Mais pourtant t'en n'as jamais parlé avant.
- C'est vrai.
- Alors le roman, ça t'est venu comment ?
- Un jour...Enfin, un jour où tu cherches comment t'en sortir, ça tombe, bing...dans tes doigts, de ta tête sur le clavier...un truc dans le style...enfin tu vois quoi...
- Nan je vois pas, j'imagine. Juste ça, ouais je peux imaginer.
Il a touché le bout de ses phalanges et il lui a balancé un regard grave.
- Et lui ? Qu'est-ce qu'il en pense ?
Elle a hésité.
- Pas grand chose je crois. Il me regarde faire...il est bienveillant.
- Et ça te gave toi la bienveillance, pas vrai ?
- Ouais. Sauf que...
- Sauf que quoi ?
- Je l'aime.
- Et ça va te suffire à toi de l'aimer ce mec ?
Elle a souri. Personne n'a de réponse à ça. Même pas lui là, ses yeux qui brillent, juste assis face à Elle. Lui. Ce mec comme il dit.
- Et pourquoi tu les fais crever tes personnages s'ils veulent s'en sortir eux ?
- Parce que c'est comme ça dans la vie...on crève.
- Ben justement, c'est une histoire là, c'est pas ce qu'on croit, c'est ailleurs, c'est pas ici.
- Bon. Mais je fais pas du Fantasy moi.
Elle rit un peu.
- Tu veux dire le truc dont vous êtes le héros ?
- ...
- En fait, tu cherches à m'embrouiller, la verité c'est que t'as plus du tout d'idée du bonheur...C'est ça ? T'es à sec ?
- A peu près ouais...
- T'es bien dans la merde alors !
- T'es con.
- Okay, alors maintenant, ferme ce truc, on se bouge, t'es une trop belle fille pour que j'te laisse pleurer là toute seule devant un écran qui te crève les yeux et un verre vide...
Il a rabattu le couvercle du Apple tout en douceur et a tendu la machine à Jeannot :
- Tu nous gardes ça derrière le comptoir, s'te plaît mon Jean, fais gaffe c'est précieux...On passera le récupérer plus tard...
Jeannot a opiné du chapeau, de la casquette, bref a dit oui. Et l'autre lui a fait un clin d'oeil, avec son sourire imparable, inimitable...totalement indomptable. Craquage du coeur. Ici, jamais personne ne Lui refuse rien. Il a grandi ici avec ces gens du rural. Il est chez Lui. Toujours on Lui sourit. On Lui dit oui. Le môme du pays.Ce mec.
Ils sont sortis.
Dehors, il faisait une chaleur moite, il a posé un doigt sur sa joue et il a dessiné un coeur imaginaire. Un coeur qui palpite.
Elle imagine, imaginaire, imagination...palpite.
Baboum. Baboum. Baboum.
Il sentait bon le "Fleur du pays", la sciure de bois, la sueur sous ses bras qui bronzent d'un rien, dorés à se faire chier à retourner la terre du jardin.
Après une légère hésitation il a dit avec le sourire du mec perdu, pas sûr de lui du tout et sur le point de fuir :
- Bon, on y va.
- Où ça ?
- Chercher la bouée de sauvetage...
- C'est ballot.
- Quoi ?
- La bouée.
- Tu fais toujours ta tronche, et moi j'me demande toujours pourquoi ?
- Parce que.
- Parce que à cause de moi ? Ou parce que autre chose ?
- Je suis comme ça.
Il lève les yeux au ciel, ça lui crame un peu tout ce soleil.
- Et la ralousse ?
- Quoi ?
- Tu me suis où je t'embarque de force ?
- T'es pourtant pas si musclé j'dirai...
Et il a pris sa main, et ils sont partis.
Lui et Elle.
Penser. Panser le truc. Autrement. Une fois nouvelle."
Extrait de : ...
- pas de titre encore-
c'est pour la fin le titre
quand on a bien relu et tout le reste aussi...